Masturbation féminine, et si nous en parlions ?

Les branleuses par Frédérique BarrajaJe suis tombée il y a quelques temps sur « Les branleuses », un documentaire de  Frédérique Barraja. Elle s’est interrogée sur la masturbation féminine et a mené son enquête. A travers des échanges, elle dresse un portrait pluriel de l’intimité féminine et du regard que les femmes portent sur la masturbation. Impressions, peurs, confessions, ces femmes nous parlent de leurs premières fois et de la dernière aussi. Entre pudeur, plaisir et  culpabilité la masturbation chez la femme reste pour beaucoup un sujet délicat. Et si, on s’y intéressait de plus près ?

Pendant que certaines se touchent de façon naturelle et assumée, d’autres s’interrogent et ne connaissent pas leur sexe. Dans ce reportage, une femme a découvert la masturbation par hasard, par ennui durant son enfance, mais à cet âge, elle avait quand même peur de l’user. Une autre a attendu ses 35 ans pour se livrer à ce jeu. Au milieu de ces témoignages, les paroles de Thérèse Clerc résonnent en moi.

Ton corps est à toi. Il faut absolument le faire jouir.
Thérèse Clerc, féministe militante

Parler masturbation, n’est pas si simple. A travers cet article et grâce à ce film, j’aimerais engager un dialogue avec vous. Alors, à mon tour je vous livre mes premières expérimentations. Quand j’étais ado, je gardais régulièrement deux adorables petits filles blondes et très bien élevées. Elles devaient avoir 3 et 5 ans. Contrairement à moi, elles semblaient très libres de parler de leur sexe. Il me semble que c’est le luxe de l’enfance : mettre des mots simples sur des choses normales !

Un jour, elles prenaient leur bain et l’une d’elle s’est amusée avec le pommeau de la douche. Elle l’a posé sur son sexe et m’a dit « Oh c’est super, ça chatouille ! ». Je me suis vraiment sentie mal à l’aise et je ne savais que faire. Alors, je n’ai rien fait. Avec le recul et l’âge, je sais maintenant que j’ai eu raison de ne rien faire car cette petite fille découvrait tout simplement son corps.

Quelque jours plus tard, j’ai à mon tour déposé le pommeau de douche sur mon sexe. Et comme cette petite fille, je me suis dit « Wow, c’est super ». A cette époque, j’ai dû me masturber une ou deux fois, puis plus rien pendant plusieurs années. Je me sentais coupable. On ne m’avait jamais dit que c’était mal mais je savais que je ne devais pas toucher mon sexe. Ce n’est que plus tard que j’ai apprivoisé ce plaisir.

Je devais avoir 21 ans, j’habitais à Londres et je sortais cet adorable anglais qui s’appelait Antony. Avec lui, nous avons beaucoup parlé de la masturbation, de mes lèvres, de mon clitoris qu’il trouvait si joli. J’ose à peine le dire, mais c’est lui qui m’a encouragé à toucher ce sexe, car moi j’étais trop gênée. Il m’a donné en quelque sorte donné l’autorisation de me donner du plaisir seule. Bref, cet homme a probablement changé à jamais mon regard sur ma sexualité. Pourtant, notre plaisir nous appartient, c’est à nous d’en prendre possession sans attendre l’autorisation ou l’acceptation de l’autre.

Notre plaisir nous appartient, c’est à nous d’en prendre possession sans attendre l’autorisation ou l’acceptation de l’autre.

En tant que femme, nous avons toute vu un sexe d’homme. Il est fier, dressé. Le nôtre est plus discret. Pour certaines d’entre nous, le sexe féminin reste un mystère. Il joue les timides et se cache derrière les grandes lèvres. Pour le voir, il faut faire preuve d’un peu de souplesse ou prendre un miroir pour laisser à notre regard le loisir de le détailler et de l’apprivoiser. Il faut en quelque sorte, il me semble, pour moi en tout cas, se libérer de notre culture et de notre éducation pour découvrir notre sexe.

Dans ce reportage, Frédérique aborde aussi le sujet de l’excision, cette opération qui ampute les femmes du plaisirs. Pour en savoir plus et découvrir d’autres paroles de femmes, je vous invite à regarder « Les branleuses » de Frédérique Barraja sur le site monq.biz

Pouvez-vous me parler un peu de vous et me dire quel est votre rapport à la masturbation ? Et votre première fois seule avec votre sexe, c’était comment ?

9 réflexions sur “Masturbation féminine, et si nous en parlions ?

  1. Ce documentaire a l’air très intéressant !
    De mon coté je ne me rappelle même pas le moment où j’ai commencé à me masturber tant ça remonte !
    J’ai d’ailleurs lu dans un « osez » que les jeunes filles se marturbent plus tôt que les garçons, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Mais en général on ne met pas de nom dessus.
    Depuis je le vis très bien. Il m’arrive de me masturber devant mon homme, c’est hyper excitant !
    Et c’est connu, mieux on se connaît soi même, meilleure sera notre sexualité avec les autres.

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  2. Ah, ha masturbation féminine, et bien moi je dois d’avoir découvert ce plaisir à mon premier amoureux… nous vivions séparés lui faisant ses études dans une autre ville…
    Délicat, il avait imaginé que si nous nous écrivions de longues lettres où chacun racontait sa masturbation à l’autre dans le détail offrant ainsi son plaisir, nous aurions un peu moins de mal à attendre le week-end… il a réussi à me faire comprendre mon corps et il en a sans doute reçu mille récompenses… Encore merci à cet homme, qui à l’âge où j’aurai pu m’enfermer dans les tabous, a ouvert la fenêtre de la liberté.

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  3. Très bon article honnête et instructif. Le documentaire les branleuses, une une de mes amie intervient, est un excellent documentaire a ce sujet en effet. La masturbation est malheureusement tellement mal traitée lors de l’éducation sexuelle que la compréhension des mécanismes du corps et du plaisir sont découverts tard et mal. Je rajouterais que la masturbation nous suit toute notre vie, je prends toujours autant de plaisir a me masturber alors que suis en couple. Merci pour cet article.

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  4. Super ce documentaire, mais on ne penserait pas que la liberté sexuelle soit vécue par toute le monde, restent encore des tabous, et la peur de montrer son corps, les années passant on acquiert de l’expérience, mais faut il encore trouver parfois l’homme qui vous fera vibrer…oui en solo on apprend beaucoup sur les ressentis sexuels…..

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  5. Un bon sujet de discussion indeed.
    Personnellement, j’ai découvert la masturbation assez jeune, vers 10 ans. Bien sûr, je ne mettais pas de nom dessus, mais je le faisais. Je n’y voyais en fait rien de sexuel, je me rendais juste compte inconsciemment sûrement, qu’il ne fallait pas raconter à tout le monde ce que je faisais chaque soir avant de dormir. Car « le kiki » c’est quelque chose que ton papa ne doit pas toucher, que ta maman ne veut pas toucher et te demande de toucher toi-même pour prendre ta douche. Bref, c’était cet endroit qui t’appartient et que seule toi a le droit de toucher. De plus, j’étais un garçon manqué enfant et on me disait toujours « une fille ne doit pas écarter les jamabes en public, ferme tes jambes ! » Bref, bien mystérieux ce kiki ! Donc, je comprenais qu’en parler n’était sûrement pas approprié. En revanche, je n’étais pas gênée de le toucher de cette manière-là, vu qu’il semblait que je sois la seule à pouvoir en faire ce que je voulais. Donc, personnellement quand à 10 ans, « par hasard » je l’ai touché, ai ressenti le plaisir que ça me procurait, je suis devenu accro et le faisais tous les soirs. Pour le plaisir ressenti mais surtout pour le résultat obtenu : un endormissement automatique et agréable à la fin. C’était ma façon à moi d’arriver à dormir et pendant des années, je ne me suis masturbée que dans ce but.

    Je me souviens ensuite vers 12-13 ans d’une discussion avec des copines dans la cour de récré. Les mecs parlaient toujours de leur masturbation et un jour un copain nous a demandé si on le faisait nous aussi. J’ai été étonnée de voir que 2 copines sur 3 ont osé dire (non sans rougir) qu’elles le faisaient aussi. Il n’y en a qu’une qui semblait choquée et disait ne l’avoir jamais fait.

    Bref, je pense qu’il n’y a pas d’âge mieux qu’un autre pour découvrir son corps de cette manière, mais une chose est sûre, c’est que je trouve qu’apprivoiser son corps de cette manière soi-même est un bon moyen de connaître son plaisir, de savoir ce qui nous anime comme type de toucher à cet endroit et donc de pouvoir sûrement guider par la suite plus facilement un partenaire un peu maladroit. Cela permet aussi de sortir pus facilement de la honte de son sexe à mon avis et plutôt d’apprendre à l’aimer sans gêne.

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  6. Un bon sujet de discussion. Et il est vrai que la masturbation féminine est légèrement différente ne serait-ce que anatomiquement (intérieur et pas extérieur). Mais le plaisir non coupable reste le même. Il est bien d’enlever des tabous à ce sujet et apprendre, accepter son corps. C’est tout à fait juste.

    Merci Lilly pour ce texte/reportage.

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