Patrick Le Sage, portrait d’un maître BDSM

IMG_0017L’histoire que je vais vous raconter est celle d’un homme qui depuis 40 ans règne en Maître SM sur un cheptel de soumises. Je vous dis Maître, mais en fait il n’aime pas ce mot. Il préfère être appelé Monsieur. Une fois arrivée devant la porte grise de son donjon, mon cœur s’est un peu serré. J’ai pris quelques instants et j’ai imaginé ce que pouvait ressentir une future soumise. Puis, j’ai sonné à l’interphone équipé d’une caméra et j’ai entendu ses pas derrière la porte. Portrait de Patrick Le Sage, celui que l’on appelle Monsieur !

A ma grande surprise, c’est un homme souriant et chaleureux qui m’a ouvert la porte. Dans un autre contexte, je n’aurais pas pu deviner son goût pour le BDSM (Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadomasochisme) et, plus particulièrement la Domination et la Soumission. Son donjon, une ancienne cave du château de Reuilly, s’étend sur deux niveaux. Plafond voûté, pierre calcaire, lumière tamisée, le lieu est improbable.

C’est au premier niveau qu’il reçoit ses invités. Les soumises doivent s’y dévêtir et, si mari il y a, l’homme devra attendre ici, coupe de champagne à la main. Dans cette première salle, Patrick Le Sage, entrepose une partie de ses collections : tableaux, livres rares, godes fabriqués maison, figurines sexy et, petits bocaux entassés sur une étagère. Intriguée, je m’en approche et découvre qu’ils contiennent tous un tissus que je devine être un string ou un slip et un prénom inscrit sur une étiquette.

Cette collection est récente me dit-il. Avant, nous jetions toute la lingerie dans une urne et je ne savais plus à qui elle appartenait.

J’apprends alors qu’à sa première visite, la nouvelle soumise doit y déposer son sous-vêtement. Outre de la lingerie, certains bocaux renferment l’odeur de la femme qui parfois, pendant 7 jours a dû porter ce vêtement. Elle n’était autorisée à le retirer que pour les « grosses commissions » et la nuit.

Puis Monsieur, me dit avec beaucoup de sensibilité que sa collection préférée n’est pas celle-ci, mais plutôt celle des baisers. C’est alors qu’il m’entraîne devant un collage fait d’empreintes de bouches marquées au rouge à lèvres et des petits mots dessinés autour. Les messages sont en anglais ou en français. Ils parlent d’amour et de plaisir.

Après son passage au premier niveau où elle laisse ses vêtements, la soumise descend nue, bandeau sur les yeux. Si elle pouvait le voir, elle découvrirait un donjon dans lequel des cages, chaînes, sextoys fait maison se côtoient. La séance se déroule parfois sans un mot. Juste le bruit des chaînes et de la musique. Bandeau sur les yeux, les sens sont décuplés. Les femmes luttent parfois longtemps avant de lâcher prise totalement. Une sur deux finit par s’évanouir, submergée par le plaisir.

A cet étage, une autre pièce un peu en retrait est réservée au gang bang. Un grand lit rond occupe l’espace. A ces gangs bang, sont invités une quinzaine de « godes à pattes » pour une soumise. Si la femme est venue avec son mari, il peut décider comment et par qui sa femme peut être prise. Sinon, c’est Monsieur le chef d’orchestre de ce défilé. Il ne participe pas. D’ailleurs, en dehors d’Objet (prénom de sa soumise d’amour), il n’a aucun rapport sexuel avec les autres.

Nous remontons à l’étage et c’est une coupe de champagne à la main que nous continuons notre conversation. Depuis 40 ans, qu’il pratique, il ne se lasse pas de ses séances BDSM. Le plaisir est à chaque fois inconnu, différent. A ces soumises, il ne propose jamais de scénarios pré-établis. Son truc, c’est la spontanéité. Pas question de demander l’avis d’une soumise. Tout au plus, celui de son mari qui peut décider pour elle. Monsieur pressent et ressent les limites de celle qui se livre à lui. Et il fait. C’est tout.

Ces femmes, ce n’est pas lui qui les cherchent. Elles ont connaissance de son existence par le bouche à oreille et se présentent devant lui. Elles doivent respecter certains critères comme par exemple celui de la beauté. C’est elles aussi qui reviennent vers lui après une séance.

Nous échangeons encore quelques anecdotes comme celle où il a réuni dans un bus 40 hommes pour les 40 d’une soumise qui lui est chère. Un brin impertinent, il me demande si je suis coutumière des gangs bang et de quelle façon je me « branle ». Puis il me raconte qu’un jour il a demandé à une soumise de faire ses courses presque nue sous son manteau en fourrure. Je précise « presque » car en fait, elle portait une couche. Elle avait pour mission d’uriner au milieu du rayon de son choix. Des anecdotes, il en a des centaines. D’ailleurs, après « Le journal d’un maître » et « Le Sage et la soumise » (éditions Tabou), il pense déjà à son prochain livre. Ce sera peut-être un recueil d’anecdotes ou un livre consacré aux photos prises en séance.

Dans le donjon de Patrick Le Sage, séances et cris s’enchaînent au rythme du passage des soumises et de la créativité de Monsieur. Ce samedi, il se prépare a recevoir une nouvelle soumise accompagnée de son mari de 15 à 17h, puis une femme seule et un couple en soirée.

Et vous, avez-vous déjà poussé la porte d’un donjon ?

Une réflexion sur “Patrick Le Sage, portrait d’un maître BDSM

  1. Je suis une ancienne adepte, pseudo sdemaestro31 j ai perdu mes contacts mais…j aimerai revenir..si vous connaissez Maitre Patrick. Please, redonnez moi son mail… Its been a long time but…oui j avais 30 ans …i fancy coming back

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